À la sortie d’Illiers-Combray, en direction de Tansonville, se trouve le Jardin du Pré Catelan, classé monument historique en 1997 et jardin remarquable en 1999.

Mesurant 700m² et aménagé en 1850 par Jules Amiot, qui dans l’œuvre de l’écrivain Marcel Proust « À la recherche du temps perdu » devient l’oncle horticulteur, le jardin est nommé « Parc de Tansonville » dans le tome 1 « Du côté de chez Swann ».

Jules Amiot baptise ce jardin artificiel « Le Pré Catelan » par analogie à celui du Bois de Boulogne situé à Paris, il s’inspire des parcs à l’anglaise et orientaux. À l’origine, ce jardin était destiné à servir de terrain de jeux aux enfants du village.

En bas du Pré Catelan, on peut suivre les méandres du ruisseau surnommé « la serpentine » au travers des bosquets puis admirer les arbres aux essences rares, agrémenté d’un kiosque et d’un mini-kouba (édifice mortuaire oriental).

Au milieu du jardin, une grotte, création de l’imagination de Jules Amiot surmontée d’une construction dite « Pavillon des Archers » qui servait de logement au gardien du Pré Catelan et qui, à l’époque, possédait une horloge.

En haut du jardin, se trouvait un verger et un potager où des petites constructions dédiées aux plans d’asperges sont restées intactes, on y voit aussi les restes de l’ancien bassin qui servait à alimenter les plans de légumes et quelques fruits comme des fraises des bois ou des framboises.

En sortant du jardin, vous passerez la célèbre « barrière blanche », permettant au regard d’embrasser l’infini de la plaine, Marcel Proust aimait voir le mouvement du vent sur les champs qui s’apparentait à une vague.

« Cette année-là, quand, un peu plus tôt que d’habitude, mes parents eurent fixé le jour de rentrer à Paris, le matin du départ, comme on m’avait fait friser pour être photographié, coiffer avec précaution un chapeau que je n’avais encore jamais mis et revêtir une douillette de velours, après m’avoir cherché partout, ma mère me trouva en larmes dans le petit raidillon contigu à Tansonville, en train de dire adieu aux aubépines, entourant de mes bras les branches piquantes, et, comme une princesse de tragédie à qui pèseraient ces vains ornements, ingrat envers l’importune main qui en formant tous ces nœuds avait pris soin sur mon front d’assembler mes cheveux, foulant aux pieds mes papillotes arrachées et mon chapeau neuf. »

Pour apercevoir les aubépines chères à l’écrivain, il faut sortir et longer le jardin par la droite pour emprunter un chemin appelé « le petit raidillon » dans l’œuvre de Proust.

En 1935, Robert Proust, le frère de Marcel, invite les proches de l’écrivain à revenir à Illiers pour rendre hommage à l’auteur, le 1er pèlerinage proustien est lancé. Celui-ci perdure dans le temps par le biais de l’association « La Société des Amis de Marcel Proust et des Amis de Combray » qui chaque année organise une journée nommée « la journée des aubépines » où les adhérents viennent marcher sur les pas de Marcel Proust pour découvrir le berceau de l’œuvre à Illiers-Combray.

À la disparition de celui-ci, le Pré Catelan est restauré en 1948 et en 1972, il est désormais la propriété du Conseil Départemental d’Eure-et-Loir.

Informations Pratiques

Ouverture :
  • Du 1er septembre à fin avril, tous les jours de 9h à 17h30.
  • Du 1er mai au 31 mai, tous les jours de 9h à 20h.

Tarif : Gratuit